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Les nouvelles zones d’emploi

| Publié le 15 septembre 2020
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Une zone d’emploi est un ensemble de communes dans lequel la plupart des actifs résident et travaillent. Il s’agit d’un espace géographique pertinent pour construire des diagnostics locaux sur l’emploi et le marché du travail et pour la mise en œuvre de politiques territoriales.

La Guyane est découpée en trois zones d’emploi (encadré et figure 1). L’Ouest-guyanais est la plus vaste zone d’emploi. Elle correspond à la Communauté de Communes du même nom. En 2017, 92 120 personnes y vivent dont 27 720 actifs (en emploi ou au chômage, figure 2). L’Est-littoral, la plus petite en superficie, est en revanche la plus peuplée : 145 930 personnes, dont 64 760 actifs. Elle englobe la communauté de communes de l’Est Guyanais et la communauté d’agglomération du Centre Littoral. Les Savanes, dont le découpage en zone d’emploi correspond également à la Communauté de Communes, compte 30 650 habitants dont 13 810 actifs en 2017. Les zones d’emploi sont construites de sorte que la part d’actifs occupés résidant et travaillant dans la même zone soit la plus élevée possible. Ce découpage fait apparaître une forte hétérogénéité dans chacune des zones. En effet, le pôle Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury fait figure de géant face aux autres communes de la zone Est-littoral. Il en est de même pour Kourou dans la zone Savanes et de Saint-Laurent-du-Maroni associée à Mana pour l’Ouest-guyanais.

Une maille pertinente pour mieux décrire le marché du travail

Le découpage en zones d’emploi constitue une partition géographique adaptée aux diagnostics économiques locaux, et plus particulièrement à l’analyse du marché du travail. C’est donc à cette échelle que les caractéristiques d’un territoire vont influer sur sa plus ou moins grande capacité d’adaptation face aux mutations économiques. Au-delà de l’analyse des emplois selon le découpage sectoriel, sont examinées les fonctions remplies par les actifs. Les professions sont réparties en quinze fonctions, transversales par rapport aux secteurs d’activité, au statut et au niveau de qualification, comme les services de proximité ou les métiers de la distribution.

L’économie de l’Ouest-guyanais tournée vers la construction

L’économie de l’Ouest-guyanais est diversifiée. Les métiers liés aux bâtiments et aux travaux publics (BTP) représentent 20 % des emplois (contre 6 % en France). Le manque d’équipement dans un contexte démographique en hausse stimule la construction et explique le besoin de main d’œuvre. La part de la population en âge d’être scolarisée explique la place occupée par les fonctions d’éducation et formation (20 % contre 5 % en France). L’administration publique occupe une place importante 14 % (contre 9 % en France). Les professions attachées à l’agriculture occupent une place contenue (5 %), toutefois deux fois supérieure à la France. Inversement, les métiers liés aux transports et à la logistique, à la gestion, à la distribution et à la fabrication pèsent peu sur le marché du travail (14 % contre 37 % en France). En 2017, les fonctions liées à la santé et à l’action sociale étaient également légèrement sous représentées (8 % contre 10 % en France) mais ces données ne tiennent pas compte de l’ouverture récente du Centre Hospitalier de l’Ouest Guyanais.

L’économie de l’Est-littoral dominée par les fonctions administratives

Dans l’Est-littoral les fonctions administratives arrivent en tête, elles représentent 19 % des emplois. C’est en effet dans cette zone que sont concentrées les sièges des différents services de l’État et de la collectivité territoriale guyanaise, renforcés par des effectifs d’employés de communes importants. C’est la seule zone où les activités de gestion (cadres administratifs et financiers, secrétaires) et les métiers, de la banque et de l’assurance, sont bien représentés : 11 %, bien qu’en léger retrait par rapport à la France (13 %). Les activités d’éducation et de formation (9,7 %), de l’entretien et des réparations (8,5 %), mais également de la construction (8,0 %) occupent une place plus importante qu’en France (respectivement 5,0 %, 7,2 % et 6,0 %). Les services de proximité (cuisiniers, serveurs, aides à domicile, coiffeurs, etc.) représentent 9,0 % de l’emploi dans l’Est-littoral (10 % en France). Du fait de la domination des fonctions administratives, certains métiers sont mécaniquement sous-représentés dans cette zone. C’est le cas des activités de distribution (6,5 %) parmi lesquels les professionnels de la vente aux particuliers, de transports et logistique (6,4 %), ou encore de fabrication (4,6 %). En revanche, des spécialités sont pratiquement absentes du tissu productif de la zone : conception, recherche, prestations intellectuelles, culture et loisirs ou encore le commerce inter-entreprises. Ensemble elles représentent à peine 6,7 % des métiers, soit la moitié moins qu’en France.

Les Savanes concentrent les activités liées à la conception et à la recherche

Dans les Savanes aussi les fonctions administratives sont dominantes (18 %). L’implantation du centre spatial guyanais et les activités qui lui sont dédiées assure un rang particulier aux métiers de conception et de recherche (3,3 % des emplois de la zone, 2,9 % en France) et illustre la spécificité de cette zone d’emploi. Les fonctions d’éducation et formation (11 %), de construction dans le secteur des BTP (10 %), les métiers liés à l’entretien et aux réparations (10 %) sont également plus représentés ici qu’en France. Les activités de services de proximité (9,3 %), de fabrication (7,2 %) et d’agriculture (2,6 %) des Savanes occupent une place dans l’emploi comparable à celles au niveau national. Les autres fonctions qui décrivent le tissu productif de la zone sont donc mécaniquement sous-représentées. Il s’agit des professions attachées à la santé et l’action sociale (6,9 %), à la gestion (6,8 %), au transport et à la logistique (5,0 %), la distribution (4,4 %), les prestations intellectuelles (3,2 %), la culture et les loisirs (1,3 %) et le commerce inter-entreprises (1,2 %).

Une économie dépendante des établissements publics

Les trois zones d’emploi guyanaises présentent la spécificité de dépendre des établissements publics (collectivités, centres hospitaliers, établissements scolaires). Le poids des dix plus gros établissements publics dans l’emploi atteint 33 % dans l’Ouest-guyanais, 21 % dans l’Est-littoral et 17 % dans les Savanes (7,7 % en France). Dans les Savanes, la part des dix plus gros établissements privés est encore plus importante (22 %). Parmi eux figurent la Croix-Rouge, le Cnes et quelques-uns de ses partenaires implantés sur la base. La part des établissements employeurs de moins de 10 salariés est comparable à celle de la France en matière d’emploi dans les trois zones. Elle représente 16 % dans l’Ouest-guyanais, 18 % en France et 21 % dans les Savanes comme dans l’Est-littoral.
En Guyane, la vaste étendue des zones et l’aménagement discontinu du territoire incitent les actifs à résider près de leur lieu de travail. Les taux de stables, qui désignent les personnes qui résident et travaillent dans la même zone, y sont particulièrement élevés : 92 % des personnes actives en emploi résidant dans la zone des Savanes, y travaillent (97 % dans l’Est-littoral et dans l’Ouest-Guyanais).

En savoir plus :

Insee - Flash Guyane n°119 - Les zones d’emploi 2020 : Un marché du travail tourné vers la construction et les fonctions administratives

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